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Racisme dans les stades : la justice espagnole change de ton


Il y a deux ans, Vinícius Júnior, star brésilienne du Real Madrid, était victime d’un acte raciste d’une violence symbolique inouïe. Quatre supporters de l’Atlético de Madrid, aveuglés par la haine, avaient accroché une poupée gonflable noire portant le maillot du joueur sur un pont à proximité de la Ciudad Real Madrid. Ce simulacre de pendaison, survenu à la veille d’un derby de Coupe du Roi, avait provoqué une vague d’indignation en Espagne et bien au-delà.


Cet acte ignoble ne restera pas impuni. Ce lundi, le Real Madrid a publié un communiqué relayant le verdict rendu par l’Audience Provinciale de Madrid. Saisie par la cellule juridique du club merengue, la justice espagnole a prononcé une décision exemplaire à l’encontre des quatre coupables, qui ont reconnu les faits et présenté publiquement leurs excuses.

Le jugement est sans équivoque : l’un des accusés a été condamné à un an et dix mois de prison, tandis que les trois autres écopent chacun d’un an et deux mois. Mais les sanctions ne s’arrêtent pas là. Les condamnés devront s’acquitter d’amendes et leur droit d’exercer des fonctions liées à l’éducation est suspendu pour trois ans.


Par ailleurs, il leur est formellement interdit d’approcher Vinícius Júnior ou d’entrer en contact avec lui pendant quatre ans. Durant cette même période, ils ne pourront assister à aucun événement sportif et devront suivre une formation obligatoire sur l’égalité de traitement et la lutte contre les discriminations.


Cette décision de justice marque un tournant. Elle envoie un signal fort et clair : le racisme n’a pas sa place dans les stades, ni ailleurs. L’Espagne, longtemps critiquée pour la relative passivité de ses instances face aux actes racistes dans le football, semble enfin prendre la mesure du fléau.


Le cas Vinícius devient ainsi emblématique d’un combat plus large. Un combat contre un "virus social" dont la mission toxique est de diviser et d’humilier. La fermeté de la réponse judiciaire pourrait bien ouvrir la voie à une prise de conscience plus large et à des réformes structurelles. Car seule une tolérance zéro, traduite en actions concrètes, pourra éradiquer durablement le racisme du paysage sportif.


Guyto JEUDI

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